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Il est crée sous la dénomination d’agences urbaines, des établissements publics dotés de la personnalité morale et de l’autonomie financière dont le ressort territorial correspond à une ou plusieurs préfectures et/ou provinces. Les agences urbaines sont soumis à la tutelle de l’Etat, laquelle a pour objet de faire respecter, par les organes compétents de l’agence, les dispositions du dahir portant création des agences urbaines, en particulier celles relatives aux missions qui lui sont dévolues et, de manière générale de veiller en ce qui la concerne, à l’application de la législation et de la réglementation concernant les établissements publics.


Les agences urbaines sont également soumises au contrôle financier de l’Etat applicable aux établissements publics conformément à la législation en vigueur.
Le ressort territorial et le siège de chacune des agences urbaines sont fixés par décret.
Dans les limites territoriales de son ressort, l’agence urbaine est chargée de :



  • Réaliser les études nécessaires à l’établissement des schémas direction des objectifs des schémas directeurs.

  • Programmer les projets de documents d’urbanisme réglementaires, notamment les plans de zonage, les plans d’aménagement et les plans de développement

  • Donner un avis conforme dans un délai maximum de 1 mois sur tous les projets de lotissements, groupes d’habitations, morcellements et constructions qui doivent lui être transmis, à cet effet, par les autorités compétentes

  • Contrôler la conformité des lotissements, morcellements, groupes d’habitations et constructions en cours de réalisation avec les dispositions législatives et réglementaires en vigueur et avec les autorisations de lotir, de morceler, de créer des groupes d’habitations ou de construire accordées

  • Réaliser les études de projets d’aménagement de secteurs particuliers et exécuter tous les projets de travaux édilitaires ou d’aménagement pour le comte de l’Etat, des collectivités locales ou pour toute autre personne publique ou privée qui en ferait la demande lorsque le projet est d’utilité publique

  • Promouvoir et réaliser des opérations de réhabilitations urbaine, de rénovation immobilière et de restructuration de quartiers dépourvus d’équipements d’infrastructure et à cette fin, réaliser les études et acquérir les immeubles nécessaires à ces opérations

  • Prendre des participations de toute entreprise dont l’activité correspond aux objectifs et aux missions qui lui sont assignés

  • Promouvoir avec l’assistance des corps élus concernés, la constitution et le développement des groupements de propriétaires en mettant à leur disposition les cadres nécessaires en vue de faciliter la mise en œuvre des documents d’urbanisme et notamment, susciter la création d’associations syndicales en application de la législation en vigueur en la matière et veiller au suivi des opérations menées par lesdites associations en coordination avec les conseils communaux précités

  • Fournir son assistance technique aux collectivités locales en matière d’urbanisme et d’aménagement ainsi qu’aux opérateurs publics et privés qui en feraient la demande dans leurs actions d’aménagement

  • Collecter et diffuser toutes informations relatives au développement urbanistique des préfectures et/ou provinces situées dans le ressort territorial de l’Agence.
    L’Agence Urbaine est un établissement public doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, elle est instituée et régie par la loi n°1.93.51 du 10 Septembre 1993 et placée sous la tutelle du Ministère de l’Habitat , de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’Espace.

L’Agence Urbaine est administrée par un Conseil d’Administration et gérée par un Directeur.


Le conseil d’administration comprend, sous la présidence du Premier Ministre ou du Ministre de l’Habitat , de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’Espace délégué par lui à cet effet, les représentants de l’Etat, les walis et gouverneurs des provinces et préfectures concernés, les élus et les présidents des chambres professionnelles.


Les Agences Urbaines, seuls organismes au plan provincial ou régional dotés de compétences assurant une ingénierie territoriale, sont devenus partout des interlocuteurs incontournables. Néanmoins, le bilan de l’activité de ces établissements établi, il y a un peu plus de 2 ans, pour une expérience d’une dizaine d’année, a montré des lignes de force mais également des faiblesses. En conséquence, on a pu constater que :



  • Les questions relatives à la planification des villes étaient loin d’être réglées, les plans d’urbanisme établis étant rendus obsolètes avant même leur homologation et devenant parfois des freins au développement de la « ville légale »

  • L’habitat non réglementaire continuait à prospérer malgré les contrôles sur le terrain.

Ces lacunes ont conduit le Ministère de tutelle à édicter en 2003 de nouvelles orientations visant l’adoption de nouveaux modes d’aménagement et de gestion des espaces urbains par la réadaptation du rôle des Agences Urbaines dont l’objectif consiste, notamment à :



  • Asseoir une politique de proximité et d’ouverture privilégiant la communication et la concertation avec les autorités et les collectivités locales, les professionnels et les citoyens

  • Simplifier les procédures et réduire les délais d’autorisation en prônant des mesures d’assouplissement permettant de traiter les dossiers avec célérité

  • Rapprocher l’administration des citoyens par la mise en place des guichets uniques permettant de délivrer les autorisations de construire en moins de 10 jours voire en 1 journée. Cette expérience est en train de faire ses preuves et montre que sa généralisation à travers les régions fait que la cause d’un service public citoyen progresse

  • Adopter des démarches visant, dans un cadre de participation et de coordination, l’établissement de projets de développement global des territoires (région, province, préfecture, agglomération) de leur ressort en prenant en compte leurs atouts potentiels (situation dans le contexte international, grandes infrastructures existantes ou à créer, sites exceptionnels, forêts, agriculture, industrie, qualité des villes, main d’œuvre qualifiée…). Ces projets de territoire, inscrits dans une vision stratégique doivent permettre à travers la négociation d’établir un dessein, de mobiliser des énergies, de fixer des échéances, de prévoir des financements, des partenariats…. A cette échelle, ces projets sont souvent au point de rencontre de politiques nationales (tourisme, zones irriguées, grandes infrastructures…) et de volontés régionales, voire locales. Ils doivent permettre de conjuguer les dynamismes, d’amplifier les résultats et de créer des solidarités territoriales et d’organiser le développement de manière équilibrée et durable

  • Sortir du cadre de la planification urbaine classique dominée par le caractère réglementaire pour s’impliquer dans l’établissement de projets d’agglomération ou projets de ville définissant un horizon et résultant d’une négociation des acteurs (Etat, collectivités territoriales, grands établissements publics, acteurs du secteur privé), ces projets d’agglomération devant se décliner à travers quelques mesures réglementaires, mais surtout à travers la mise en place ordonnée de projets urbains impliquant financièrement et techniquement de larges réseaux de partenaires devant en assurer le succès.